C’est tombé dru…
Mardi, 9 mars, 2010
20:17 par Madame Charlotte | 2 bafouilles »
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~ Madame Charlotte ~
Mardi, 9 mars, 2010
19:18 par Madame Charlotte | 1 bafouille »
Auteur : Bram Stoker
Titre original : The lady of the shroud
Éditeur : Babel
1ère édition : 1909
Nb de pages : 193
Lu : Mars 2010
Ma note : ![]()
Résumé
» Là, sur la terrasse, dans la clarté lunaire maintenant plus intense, se tenait une femme vêtue d’un linceul trempé qui ruisselait sur le marbre, faisant une flaque qui s’écoulait lentement sur les marches mouillées. Son attitude et sa mise, les circonstances de notre rencontre, me donnèrent aussitôt à penser, même si elle se mouvait et parlait, qu’elle était morte. Elle était jeune et très belle, mais pâle, de la pâleur éteinte et grise des cadavres. » Extrait du journal de Rupert Sent Leger, cette scène – dans la pure tradition du genre – donne bien le ton de cet admirable roman gothique où s’entrelacent lettres, billets, fragments de journal intime et notes pour raconter les aventures étranges et inquiétantes d’un jeune homme sans le sou devenu du jour au lendemain châtelain dans les Balkans…
Mon avis
J’ai lu Dracula il y a des années, dans ma prime jeunesse, et j’étais tombée raide du personnage, de l’ambiance du roman. Voici mon premier Stoker depuis mes premiers émois vampiriques.
Quelle redécouverte ! Sans avoir l’ampleur ni l’étoffe de Dracula, La dame au linceul est un excellent (mais trop court) moment de lecture. Sur le principe du journal intime et de lettres, Bram Stoker nous raconte l’histoire d’un jeune homme de très bonne famille, qui très tôt a dû apprendre à s’en sortir par lui-même. Aventurier et explorateur sans le sou, il hérite d’une immense fortune léguée par son oncle, sous certaines conditions, peu contraignantes, puisqu’elles correspondent à ses aspirations, à son état d’esprit. L’intrigue ne résidera pas donc dans la manière de conserver ou non l’héritage, on comprend très vite que ce legs n’est qu’un prétexte et ne sert qu’à introduire la suite.
Dès le départ l’auteur nous plonge dans une ambiance de mystères, d’inconnu, d’inexplicable. La tante du héros, férue d’occultisme, un paysage envoûtant par son côté sauvage et son exotisme (nous sommes loin de l’Angleterre !), un jeune héros fringant, Rupert, qui est amené à occuper un étrange château dans les Balkans. Son esprit aventureux et noble (rappelons que notre jeune héros est anglais !) va le faire accepter les conditions posées par son oncle afin de jouir définitivement de la totalité de son héritage, et ainsi tisser des liens avec les peuples autochtones.
Rupert fera tout pour se rapprocher de la population et prendre sa défense contre l’ennemi turc.
C’est dans ce contexte et parallèlement à ses occupations diplomatiques, que Rupert va être confronté à une rencontre décisive.
Une dame étrangement belle, vêtue d’un linceul et totalement désespérée, va trouver refuge auprès de Rupert. Il n’en faudra pas plus à ce dernier pour tomber amoureux de cette inquiétante inconnue, surgie de nulle part au beau milieu de la nuit.
Entre fascination et superstitions, le jeune héritier vouera vite un amour aveugle à sa belle inconnue, dont il ne sait absolument rien.
La fin est assez attendue, et pourtant…
Vendredi, 5 mars, 2010
20:57 par Madame Charlotte | 4 bafouilles »
Auteur : George R.R.Martin
Titre original : Fevre Dream
Éditeur : J’aiLu
1ère édition : 1982
Nb de pages : 506
Lu : Mars 2010
Ma note : ![]()
Résumé
Mississippi, 1857. Quel capitaine de vapeur sensé refuserait le marché de Joshua York ? Cet armateur aux allures de dandy romantique offre des fonds illimités pour faire construire le navire le plus grand, le plus rapide et le plus somptueux que le fleuve ait jamais connu. En échange de quoi ses exigences paraissent bien raisonnables : garder la maîtrise des horaires et des destinations, et, surtout, ne jamais – à aucun prix – être dérangé dans sa cabine hermétiquement close, dont il ne sort qu’une fois la nuit tombée. Voilà enfin l’occasion qu’attendait le capitaine Marsh, vieux loup de rivière aux proportions gargantuesques, pour relancer sa compagnie en perte de vitesse. Si ce formidable vapeur lui permet de coiffer ses concurrents au poteau, peu lui importe les lubies de l’étrange armateur. Jusqu’au jour où une vague de meurtres sanglants apparaît dans le sillage du Rêve de Fèvre…
Mon avis
Étant gaga de la série Le Trône de fer je me devais de découvrir le reste des œuvres de George R.R.Martin. Donc voilà c’est fait, et bien évidemment, ce n’est qu’une mise en bouche avant la suite de la saga, de quoi patienter d’ici le prochain volume ou les premiers épisodes d’HBO (j’en frémis d’avance).
Nul besoin de préciser que Riverdream ne peut pas égaler un monument comme le Trône de fer, néanmoins, cette histoire de vampire voguant sur le Mississippi est tout à fait délectable.
On plonge dans l’univers des mariniers et des bateaux à vapeur, le personnage d’Abner Marsh est terriblement attachant, son amour pour la navigation et les vapeurs est touchant.
Martin nous offre aussi sa propre interprétation sur les vampires et apporte beaucoup d’humanité à ces êtres mythiques.
Le personnage de Joshua est lui aussi très attachant.
Leur rencontre improbable va donner lieu à une étrange association. Le récit est bien mené, passionnant, intrigant. Le Bien et le Mal sont deux notions bien présentes, incarnées par Joshua et Julian. Deux faces d’une même espèce, l’une prisonnière de sa condition de vampire, l’autre ouverte au reste de l’Humanité.
L’histoire se déroule en Louisiane et au Mississippi, quelques années avant la Guerre de Sécession. Le thème de la différence, de l’esclavage, du racisme est présent tout au long du livre, illustré par la race des vampires, décimée par les Hommes, et les Hommes aux-mêmes, que Julian considère comme du bétail.
Une très belle histoire d’amitié entre deux hommes qu’a priori tout sépare, une superbe déclinaison sur le thème du vampire, humanisé et démystifié.
PS : le titre Riverdream n’a aucun rapport avec le titre original Fevre Dream (jeu de mot avec rêve de fièvre, et rêve de Fèvre), passons donc sur cette incongruité de traduction
Samedi, 13 février, 2010
16:04 par Madame Charlotte | 5 bafouilles »
Auteur : David Vann
Titre original : Sukkwan Island
Éditeur : Gallmeister
1ère édition : 2008
Nb de pages : 200
Lu : Février 2010
Ma note : ![]()
Résumé
Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.
Sukkwan Island est une histoire au suspense insoutenable. Avec ce roman qui nous entraîne au cœur des ténèbres de l’âme humaine, David Vann s’installe d’emblée parmi les jeunes auteurs américains de tout premier plan.
Mon avis
Gérard Collard, pour ne citer que lui, l’avait bien dit !
Mais encore fallait-il s’en assurer. Et je m’en suis assurée. Et donc, je confirme, on reçoit bien une baffe à la page 113. Et elle fait mal.
Dès le départ on entre dans le quotidien du père et du fils, qui s’apprêtent à passer un an en tête-à-tête sur une île d’Alaska. Jim, le père, a vendu son cabinet de dentiste pour acheter une cabane et retisser des liens avec son fils de 13 ans. La première partie est consacrée à leur installation, aux problèmes matériels et psychologiques qui s’accumulent, aux prémices du cauchemar qui va suivre.
C’est le point de vue du fils qui domine, et on découvre avec une certaine inquiétude que le père est loin d’être préparé pour un tel séjour, long et dans des conditions relativement précaires. Jim impose à son fils Roy une situation plutôt malsaine. Alors que le danger rôde et qu’à chaque minute la sécurité de son fils est menacée, Jim improvise, s’acharne à organiser leur vie sur l’île, malgré les incidents qui vont ponctuer leur séjour. On perçoit le malaise de Roy face à ce père instable, soucieux de bien faire mais totalement déprimé, voire suicidaire, et de toute évidence à côté de la plaque. Le jeune garçon est mis dans une position malsaine, témoin des sanglots nocturnes de son père. Ce dernier ne tardera pas à faire de Roy son confident, et à lui déverser son propre mal-être d’adulte.
Père maladroit, dépressif, et manifestement irresponsable, Jim est un personnage on ne peut plus antipathique et détestable. Son fils Roy comprend à peine la raison de sa présence aux côtés de ce père qu’il connait si peu. Il pressent l’inéluctabilité des choses, et fait preuve d’un fatalisme troublant pour son âge.
Voilà le contexte de départ, dans un style prenant et sec, qui décrit une nature sublime, potentiellement hostile, mais fascinante. Le lecteur est immergé dans un environnement bien particulier. Amateurs de pays chauds et de cocotiers passez votre chemin.
Et soudain, LE revirement. Tout change, tout bascule.
Et la seconde partie arrive, pas racontable sans gâcher le suspens.
Un drôle de cheminement psychologique, tortueux, pervers, douloureux, mais finalement, toujours à côté de la plaque, malgré les événements. On a envie de donner des baffes, on se dit que des parents comme ça il en existe beaucoup et qu’on n’aimerait pas les rencontrer.
Une sacrée belle découverte, un livre à lire pour le style et l’univers riche, et ses personnages fracassés. Un auteur à suivre de près !
Samedi, 13 février, 2010
14:04 par Madame Charlotte | 2 bafouilles »
Auteur : Joseph Sheridan Le Fanu
Titre original : The last heir of Castle Conor
Éditeur : Ombres
1ère édition : 1838
Nb de pages : 80
Lu : Février 2010
Ma note : ![]()
Résumé:
Le narrateur se lie d’amitié avec le dernier héritier de Castle Conor, un jeune homme aimé du peuple et choyé par sa mère. De retour d’un long voyage censé achever son éducation il retrouve son jeune ami et lui dévoile une nouvelle amitié, tissée malgré lui avec un duelliste redoutable.
Mon avis
Courte nouvelle que voilà, mais un sympathique petit interlude, qui annonce le swap de la Saint Patrick de Cryssilda, idéal pour se mettre dans l’ambiance.
Une histoire fort courte, dont il est difficile de parler. Une histoire d’amitié, de destin, de fierté. Malgré l’attachement profond du narrateur envers on ami, il ne pourra aller contre le destin de ce dernier. Le poids des traditions, et l’honneur d’un homme, pèsent lourd. Illustration d’un autre temps, d’autres mœurs, où l’on pouvait mourir sur un malentendu.